Micelle quota

novembre 30, 2008

Alors soi-disant que je serais pas assez didactique et trop pessimiste. Bande de moules. Puisque c’est ça on va parler des noirs, des pédés et des arabes. Peut-être même des juifs, des pieds noirs, des mecs qui boutonnent leur polo jusqu’en haut et des fils de CRS.Ces catégories sociales ont pour principale caractéristique (outre un manque d’humour patent) d’être des minorités.

A ce titre, elles sont parfois discriminées à l’embauche. C’est-à-dire que leur CV est automatiquement refusé. Donc les entreprises choisissent les meilleurs parmi non pas toute la population mais une partie (certes large) de celle-ci. Il est clair que c’est contre-productif : autant choisir les vrais meilleurs, ceux de toute la population.

Imaginons des quotas. Une fraction (plus ou moins égale à la part de la minorité dans la population totale) doit être choisie dans cette minorité. Mais les risques de louper les mieux qualifiés pour ce poste sont grands : en effet, si on considère que chacun a une probabilité égale d’être « le meilleur », on a pas mal de chances de se gourrer. (Ben oui puisqu’on choisit dans une partie minoritaire de la population, suivez un peu merde). Donc c’est pas génial non plus.

Ah c’est pas facile la vie, voilà deux solutions à la con. On peut se creper le chignon sur le coût comparé des deux systèmes, ou alors se démerder pour qu’il n’y ait plus de discrimination. CV anonymes, sensibilisation, téléfilms sur TF2, choisissez vos armes messieurs.

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Ca te la coupe hein ?

novembre 29, 2008

Aujourd’hui on va pas parler d’économie, parce que j’ai bien conscience que vous n’en avez en réalité pas grand-chose à foutre. Parlons zizi, c’est quand même beaucoup plus fun.

Se faire couper le bout du zizi est une pratique bizarre qui ne nous est commune ni avec les hérissons ni avec les amibes (et pourtant dieu sait qu’avoir des bons amibes, c’est important). Mais un truc rigolo c’est que si on regarde la population, c’est essentiellement les plus riches qui font ça. Ca veut dire que la proportion de gens qui ont le zizi coupé est plus forte chez les riches que chez les pauvres.

Alors evidemment quand on est pauvre on peut vouloir imiter et se faire couper le bout du zizi. Et puis ils peuvent se dire (vous savez bien comme, en plus d’un manque d’humour patenté, les pauvres sont un peu pas malins sur les bords) que ça les aidera à devenir riche. Ah mais ça c’est pas du tout sûr ma bonne dame ! Comme un long discours est bien plus mieux qu’une image JPEG (vieux proverbe chinois), prenez ça dans votre face :

Zizi coupé !
Zizi coupé !

On se rend compte que si on est riche, vaut mieux ne pas avoir le zizi coupé. C’est-à-dire que c’est une coutume dominante dans une catégorie malgré (et non pas à cause) sa contre-productivité. On peut appeler ça comme on veut (vous avez qu’à ouvrir un bouquin de socio, merde), rite de passage, droit d’entrée ou quoi ou qu’est-ce. Le pire, c’est que c’est en fait assez répandu. Essayez donc de réfléchir avant de vous couper le bout du goupillon, de mettre des jeans ridicules ou même de vous acheter une BMW (je vous parlerai des BMW une autre fois si vous êtes sages).

Enfin quand même, les pauvres sont pas malins, mais ces riches, quels cons.

Ticket restau m’a tuer

novembre 22, 2008

Ah les tickets-restau. Vous qui ne savez pas encore, préparez-vous à un choc psychologique. On vous ment, on vous spolie, aïoli.

Afin de tester d’autres formes narratives et dans un but constant d’amélioration de ce blog (demain j’arrête l’exta) la révélation va vous être interprétée par Igor et Grischka, qui exceptionnellement arrêtent de dire des conneries sur l’univers pour en dire sur l’économie.

Igor : Qu’est-ce qu’un ticket restau ? c’est un billet bizarre qui est payé à moitié par le patron et à moitié par l’employé, et qui n’est utilisable que dans le monde de la restauration.

Grischka : Tout à fait Igor, mais pourquoi le boss ne donne pas simplement la moitié d’un ticket restau en vrai argent à son employé au lieu d’utiliser un truc bleu ridicule.

Igor : Tu l’as dit Grischka c’est tout à fait ridicule, mais il surmonte ce ridicule parce qu’il ne paye pas vraiment la moitié ! Il paye MOINS.

Grischka : C’est incroyable Igor, pourquoi il paye moins cet enculé de capitaliste ?

* Rama yade passe dans le champ de la caméra en tenant une pancarte : « tous les chefs d’entreprise sont des enculés de capitalistes, surtout dans les téléfilms de TF1où une jeune camerounaise essaie de se faire accepter dans un village provencal tenu d’une main de fer par le chef d’entreprise-enculé local » *

Igor : Qu’est-ce qu’elle fout là le quota ? Enfin quand même, tu es bien vulgaire aujourd’hui Grischka, mais je vais répondre quand même. Parce que c’est précisément le service que propose Ticket Restau.

Grischka : Excuse-moi, ça doit être le stress des exams, t’as pas une solution ? Sinon c’est fou ça, il doit bien y avoir quelqu’un qui paye la différence ?

Igor : Mais oui Grischka, et c’est le restaurateur.

Grischka : Alors là tu m’en bouches un coin Igor. Pourquoi un restaurateur accepterait de réduire sa marge alors même que ces billets bleus sont ridicules ?

Igor : Mais Grischka, tout simplement parce que les détenteurs de tickets restau sont obligés de venir au restaurant. Ces tickets bleus ridicules amènent ainsi une population qui autrement n’aurait pas songé à aller voir les restaurateurs, ces enculés.

* Jean-Pierre Koffe passe dans le champ de la caméra, vêtu uniquement de ses lunettes rondes. Il déclame un vers de raçine, n’importe lequel, puis scande « Ils sont fous ces romains » *

Grischka : Cette émission devient de plus en plus décousue Igor. Il va falloir finir vite. En gros ce que tu me dis c’est que les tickets restau sont en partie payés par les restaurateurs pour obliger les employés à consommer chez eux et pas faire leur bouffe tout seuls ?

Igor : C’est ce que je me tue à te dire Grischka.

Grischka : Mais c’est terrible, c’est un déni de liberté institutionnalisé, ce monde est fou !

Igor : Je sais bien Grischka, moi-même je ressens avec acuité un sentiment d’inanité.

* Igor et Grischka commencent à jouer à « je te tiens, tu me tiens » pendant que le rideau tombe *

Période de moutons maigres.

novembre 22, 2008

Le CAC sous les 3000, la porsche à 1000000 l’unité, ça va pas fort me direz-vous.

Mais si en fait ! Déjà le CAC sous les 3000, est-ce que c’est crédible. Alors oui je sais avec votre esprit cartésien pas poétique pour un sou, vous me direz que c’est la réalité. Hommes de peu de foi, philistins, porteurs de gourmettes ! C’est pas crédible du tout. N’importe quel arbitragiste (rien à voir avec Wimbledown) vous dira que les entreprises françaises, rien qu’en vendant les meubles et les employés, passent au-dessus de la barre de 3000. Je vous ai déjà expliqué pourquoi ça fait ça en plus, vous vous rappelez là le type qui s’achète une rollex puis qui fait des économies sur ses tickets-resto ? Eh ben actuellement le CAC fait des économies sur les tickets-resto. Aussi ridicule que s’acheter une rollex à la réflexion. Moins sexy toutefois. Tout cela n’est pas très intéressant quand on se penche dessus sérieusement.

Alors que porsche, mazette ! Ah ça c’est pas mal. Prendre des parts dans une société et faire monter un titre en mayonnaise, voilà qui est drôle. Et puis pour une fois qu’une entreprise joue mieux que les fonds de pension, ça valait le coup de tirer le chapeau. Y’a dû avoir des bons fous rires. Dans ces temps de morosité économique, pile ce qu’il fallait.

Le risque pour les banques, c’est comme les vieilles mobilettes. C’est bien utile, mais on le montre pas aux copains.

Alors forcément, on vend du risque pour être présentable. Les institutions qui collectent ce risque sont les fameux « réassureurs ». Si le marché marche bien, tout va bien et le risque est estimé à son vrai prix. Mais plusieurs économistes comme Cahuc ont mis en évidence un truc qu’il est pas bien du tout : le risque de banqueroute totale n’existe pas. En effet, si toutes les banques étaient dans la mouise en même temps (c’est une hypothèse hein) tous les gouvernements du monde se précipiteraient pour les renflouer (j’ai bien dit que c’était une hypothèse hypothétique hein). Donc il est inutile de s’assurer pour une certaine partie du risque (précisément la pire en termes de conséquences) puisque de toute façon, si ça se produit l’Etat viendra à notre rescousse : l’Etat est le dernier assureur, le « prêteur en dernier ressort ».

Il y a deux effets possibles de cela.

Soit le risque est sous-évalué, c’est-à-dire que les réassureurs prennent pas assez cher par rapport au risque auquel elles s’exposent, ça à la rigueur c’est pas trop grave : les réassureurs, ces nazes, vont faire un peu faillite mais pas trop. Tant pis pour leur gueule, ils avaient qu’à être plus balaises, AH !

Soit les banques se surexposent au risque : comme le risque est pas cher, elles en prennent plus. Ca c’est plus grave, parce que le fameux risque de banqueroute eh ben il est plus grand.

Bon alors on fait quoi ? Si on menace les banques de pas les renflouer, on va quand même mettre un sacré beau bordel. Si on fait payer les banques ex-post, elles vont pas être hyper bien contentes et en plus ça plombe l’économie tellement qu’on en arrive à des récessions (c’est une hypothèse hein, la France n’est pas en récession, l’INSEE le saurait). Y’a qu’à faire payer les banques avant ! On regarde quel risque est réellement assuré par l’Etat, on l’estime et on le fait payer. Après tout c’est un putain de bon service qu’on leur rend, à ces banques : tout se paye, coco.

Bon après, faire en sorte que les politiques utilisent pas la cagnotte pour des fins électorales, c’est pas gagné. Quoi que ça pourrait être un choix : si les banques font faillite on est dans la mouise pareil mais quand tout va bien l’Etat a plus d’argent. Ah, on m’appelle dans l’oreillette ….

Je t’en prie, assieds-toi au coin du feu, car voici une histoire qu’elle est mignonne qu’elle est gentille. Il était une fois un vieil homme, en plein centre de paris. Le vieux plantait des drapeaux toute la journée. Et quand on lui demandait pourquoi, il répondait « mais pour éloigner les girafes ! ». Et lorsqu’un observateur fin lui fit remarquer la cruelle absence d’ongulés de ce type, il ne se démonta pas : « eh ben vous voyez bien que ça marche ! ».

Alors comment savoir si les instances de régulation font bien leur travail ? Si tout va bien, elles sont peut-être juste en train de planter des drapeaux à girafes. Si ça va mal, peut-être que ça aurait été pire sans elles. Alors leur pouvoir, comment elles l’utilisent ?

Le pouvoir des instances de régulation (toutes les instances de régulation) ne repose plus sur leur capacité à agir. Les moyens publics sont devenus ridicules par rapport aux intérêts privés, et une mesure à l’encontre d’un pays est toujours sujette à des considérations très éloignées de ses raisons objectives. Les principaux rôles sont donc le signal (cf. le nombre de publications hallucinantes provenant de ces trucs, à croire qu’ils font que réfléchir là-bas) et l’utilisation de la menace. Un petit tour rapide du côté du signal nous apprend que la crise n’a pas été intuitée même si les charlatans habituels essaient d’en parler (Cheminade l’avait dit !). Les menaces n’ont pas non plus été utilisées (il y a un an, on arrivait au niveau le plus bas d’avertissements délivrés par l’OMC, et notre prêtre guerrier national se félicitait de la « moralisation » des marchés (sic)). Donc non, ça n’a pas marché. La finance est restée à peu près hors de contrôle et une erreur (parce que c’est une erreur, pas un plan machiavélique de quelques encravatés pour tuer des enfants rwandais (c’est pire que ça, ils s’en foutent desdits gosses)) de taille a pu être commise par manque de compréhension et/ou de vision long terme.

Alors réelisez pas Lamy, merde.

L’effet salaire

novembre 3, 2008

Avec un titre comme ça c’est pas gagné pour passer pour un mec sérieux. On va quand même essayer un poil.

Quand on fait un truc généralement, sur un horizon temporel c’est pas constant. On parle de lissage. Typiquement on a son premier salaire, on est tellement content qu’on achète une rollex, le mois d’après on fait des économies parce que tout cela n’est pas très sérieux, le mois d’après on s’offre un restaurant parce que hein, faut bien vivre. Et puis à 70 ans on finit par commander des sushis tous les 8 mois, comme ça, parce qu’on est fous. Globalement l’effet richesse a été positif mais pondéré par des réactions positives (achat) puis négatives (économies) d’intensité de moins en moins forte. Y’a même des gens vachement forts qui ont appelé ça la théorie des cycles (c’était pas ma grand-mère), et tout et tout. Eh ben y’a plein d’idiots qui n’ont pas compris ça. Ou alors pire, ils l’ont compris mais ils s’en foutent, mais ça on se refuse à y croire.
En tout cas, ça donne des déclarations complètement connes ça (http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html) et là (http://www.lafinducapitalisme.net/). Alors ouais, la théorie des cycles, tout le monde connaît, mais quand il s’agit d’appliquer y’a plus personne. La fin du capitalisme, non mais puis quoi encore. Sérieusement, personne n’a trouvé d’alternative réaliste à la libre entreprise, à l’économie de marché et à la monnaie papier. Même les cubains sont d’accord. La Chine a ouvert son marché interne et prend des parts dans les hedge funds ricains. Bon, alors arrêtons de dire n’importe quoi.

Enfin comme disait l’autre, vous connaissez le problème avec les journaux, c’est qu’il faut bien les vendre.