Bon alors suite à des messages indignés à propos des cartes FNAC, il était urgent de repréciser le propos. Vos remarques étaient pour la plupart lisibles, parfois même argumentées mais toujours connes.

Alors on va en rajouter une couche. L’effet psychologique des cartes FNAC, on s’en fout. Un billet c’est un billet, et une carte FNAC c’est un billet, vous pouvez prendre ça dans le sens que vous voulez.

Mais le pire, c’est que vous vous faites méchamment avoir. En effet acheter une carte FNAC, c’est donner aujourd’hui de l’argent pour retirer dans, en moyenne (source : rapport de l’OMC), trois mois. De la même façon que les cautions, ça veut dire que la FNAC reçoit plus d’argent que les biens qu’elle vend. En effet dans trois mois, quand vous aurez utilisé vos billets FNAC, d’autres auront pris des billets. Résultat vendre des billets estampillés FNAC c’est, du point de vue de la FNAC, acheter de la non-marchandise, simplement une assurance que les biens peuvent être fournis. Exactement comme une banque, à moins que tout le monde retire en même temps, il n’y a pas besoin de posséder toutes les marchandises vendues.

En gros vous leur filez de l’argent gratos, comme ça, paf. Alors qu’on échange pas les cartes FNAC, donc les billets fournis ne remplissent pas leur rôle. Donner un besoin de fonds de roulement (z’avez qu’à wikipédier, je peux pas tout assurer pour votre belle-famille non plus) négatif à la FNAC par ignorance, si ça vous fait rire tant mieux.

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Le Vier

décembre 24, 2008

Un verre de champagne dans une main, une blonde dans l’autre, je voguais à de mondaines occupations tout en essayant de conserver mon âme. Jusqu’à ce qu’une radasse, type tailleur-écoledecommerce-sexe oral, lance, comme ça, tout de go, à une foule non préparée :

« Oui mais de toute façon l’effet Noël dans l’économie c’est complètement neutre vu que la quantité de monnaie à dépenser est constante, les gens l’auraient juste dépensé à un autre moment. »

Bon, évidemment, c’est faux. En plus c’est con. Et puis le sexe oral, restons sérieux. Alors là, toi lecteur tu te dis : « il commence à parler de sa vie, ça tourne blog, mais bon il va quand même expliquer ce qu’il a répondu, faisant d’une pierre deux coups, économie et récit personnel ». Ah ! Tu me connais mal, lecteur. Je ne te dirai rien. Ou alors juste la partie économie.

Pour évaluer l’impact d’un évènement, la procédure est simple et toujours la même. Idéalement, il faut comparer deux situations, avec et sans l’évènement, et toutes choses égales par ailleurs. Evidemment, c’est au mieux difficile, au pire impossible (va retirer la publicité, ca va gueuler dans les chaumières).

Toutefois pour Noël c’est clair. Les gens achètent plus. Ils ont plus de besoin. Ils vont produire plus, acheter plus. On a donc pas un effet neutre (du type je vais pas manger de sandwich aujourd’hui, je garde pour noël) mais au moins une substitution (du type je vais faire une heure sup, le petit veut absolument la panoblie de batgirl (oui, le petit a des orientations sexuelles bizarres (il va sûrement finir en école de commerce))).

On appelle ça souvent l’effet de levier : c’est quand investir un euro a un effet plus large qu’un euro. Ici on peut parler d’effet de levier psychologique. Non seulement on achète plus, mais en plus on a prévu de travailler plus en prévision, ce qui fait que le pool des richesses à répartir est plus large, et ça c’est cool pour la croissance (pas celle du petit, enfin, suivez).

Pour ta culture (oui, c’est Noël, faut impressionner belle-maman) c’est un des principaux arguments de la dépense publique. J’embauche un fonctionnaire qui va acheter une voiture, donc renault va embaucher un ouvrier, qui va acheter son pain, donc le boulanger va embaucher un apprenti, etc etc… Le total des impôts va me rembourser le fonctionnaire, et tout le monde est heureux et nous pouvons boire le saint-émilion de la croissance retrouvée. Bon la dernière fois qu’on a fait ça, on a embauché un fonctionnaire qui a acheté une voiture allemande, manque de bol.

Enfin voyons les choses du bon côté, ca leur a fait de l’argent de boche.

La monnaie c’est cool.

décembre 20, 2008

Qu’est-ce que c’est qu’une carte FNAC ?

Un bout de papier avec un nombre dessus, qu’on peut échanger contre des biens divers et variés, mais que à la FNAC. En plus, on vous rend pas la monnaie si vous achetez pour moins que le nombre mis sur le bout de papier.

Qu’est-ce qu’un billet ?

Un bout de papier avec un nombre dessus, qu’on peut échanger contre des biens divers et variés. Partout. Et on vous rend la monnaie.

Alors dans le cadre autre que les entreprises qui évitent la fiscalité, POURQUOI offrir une carte FNAC ?

OFFREZ DES VRAIS BILLETS BORDEL.

Coluche est un con.

décembre 10, 2008

Ahahaha, voilà un titre qu’il est drôle mademoiselle, mais c’est pas très populaire tout ça.

« La guerre de 14-18 avait fait un civil tué pour dix militaires. la guerre de 39-40, un civil pour un militaire . Le viêt nam, cent civils pour un militaire. Pour la prochaine, les militaires seront les seuls survivants. engagez-vous! »

Rapport civils/militaires en 14 : 7/1.

Un civil pour 10 militaires : rapport 1/10

Probabilité de mourir en étant civil inférieure de 70% à la probabilité de mourir en étant militaire.

Rapport militaires/civils en 40 : 25/1

Un civil pour un militaire : 1/1

Probabilité de mourir en étant civil inférieure de 4% à la probabilité de mourir en étant militaire.

Rapport militaires/civils au viet nahm : 150/1

100 civils pour un militaire : 1/100

Probabilité de mourir en étant civil inférieure de 67% à la probabilité de mourir en étant militaire.

La professionalisation de l’armée, c’est l’idée de faire mourir numériquement moins de gus pour un effet comparable. A perte de civils constante et même moindre, ça donne des rapports qui ne veulent plus rien dire.

Enfin vous connaissez le problème avec les comiques gras, faut bien qu’ils se vendent.

5 cents : war on error

décembre 6, 2008

Bon alors aujourd’hui on va ajouter une page à votre manuel du petit terroriste. Pour ce faire, il vous faudra une pièce de 5 centimes, des qualités humaines importantes et des convictions fortes pour une cause, n’importe laquelle. Si vous n’avez pas d’idées : montrer que votre ami imaginaire est plus fort que celui de votre interlocuteur, faire exploser le « système », éradiquer certaines caractéristiques de la race humaine qui vous sont insupportables comme la couleur de la peau, le goût pour la musique caribéenne ou la manie de boutonner son polo jusqu’en haut.

Le salaire mensuel brut moyen en France est de 2583 euro par mois (source INSEE).  Si on considère que le marché fonctionne bien, on peut penser que 2583 euro par mois représente 90% de la productivité moyenne française. Ca signifie simplement que en moyenne un français qui travaille fournit des services qui valent environ 2841 euro, mais il n’est payé que 90% de ce qu’il produit (c’est une hypothèse vraiment basse, à titre d’exemple un jeune embauché est généralement payé à 25% de sa productivité). Si on compte qu’un individu est productif pendant une journée de 12 heures, cela nous donne une productivité de 0,16 centimes d’euro par seconde.

Pour faire 5 centimes, le français moyen a donc besoin d’être éveillé pendant 31,25 secondes, temps qu’il répartit selon son bon plaisir entre travail et autres activités. Ne soyons pas chiches, on va dire 32. C’est là que toi, toi lecteur, tu interviens. Il faut que tu proposes à un passant de lui donner 5 centimes contre un peu de son temps.

Demander strictement plus que 32 secondes pour donner une pièce de 5 centimes à un français, c’est en moyenne faire baisser la productivité de tout le pays. Moins de production, moins d’argent, Etat moins puissant, nous vaincrons camarade !

Comme ça, ça paraît simple. En fait c’est très difficile. Parce que à long terme, les français se rendront compte de l’arnaque et préfèreront travailler pour plus d’argent. C’est pour ça que j’ai parlé au début de qualités relationnelles fortes : il en faut pour convaincre de réaliser quelque chose d’inefficace.

Mesquins comme vous êtes, vous allez me dire que vous voulez savoir ce qui se passe si je ne tiens que 28 secondes. Déjà si je tiens 28 secondes ça va gueuler parce que c’est pas une performance incroyable (alors que 36 secondes, quand même, c’est autre chose). Enfin en tenant 28 secondes, je fais mécaniquement augmenter la productivité du pays non ? C’est vrai. Mais à long terme, tout le monde va vouloir jouer à votre jeu qui donne tellement d’argent au lieu de faire des vrais trucs (et de produire vraiment). On peut assister ainsi à des distorsions. Et ça c’est beaucoup plus grave.

Imaginez maintenant que vous ayez beaucoup d’argent dans un environnement où il n’y en a pas beaucoup. Par exemple, vous faites du tourisme sexuel en Asie. Vous voulez certains services et les autres vous vous en foutez. Par exemple, rien à battre des hopitaux puisque si vous êtes malades vous vous faites illico rapatrier par Europ Assistance. Par contre pour un vrai mojito bien réalisé, vous êtes prêts à payer le prix. Eh bien il va y avoir distortion (cf supra) en faveur des mojitos et en défaveur des hopitaux locaux. Résultat, il vaut mieux être barman que chirurgien neurologue. Il suffit pas d’arroser l’économie locale pour être gentil.

Ah oui mais oui mais non, il y a l’Etat me direz-vous. C’est vrai qu’un régime politique stable et non corrompu est la caractéristique principale des pays en voie de développement. Et en plus si vous vous renseigniez un peu avant de dire des conneries, vous sauriez qu’il y a plein de gens qui ont montré que l’occasion faisait le larron, autrement dit que des écarts de richesse énormes ne favorisaient pas la démocratie et le principe d’équité sociale.

Tout ça pour dire que non, tes vacances au club med, très peu pour moi.

P.S : Oui, c’était pas très drôle comme billet. En même temps, ici c’est chez moi et les humanistes de boudoir, je les emmerde.