Le Vier

décembre 24, 2008

Un verre de champagne dans une main, une blonde dans l’autre, je voguais à de mondaines occupations tout en essayant de conserver mon âme. Jusqu’à ce qu’une radasse, type tailleur-écoledecommerce-sexe oral, lance, comme ça, tout de go, à une foule non préparée :

« Oui mais de toute façon l’effet Noël dans l’économie c’est complètement neutre vu que la quantité de monnaie à dépenser est constante, les gens l’auraient juste dépensé à un autre moment. »

Bon, évidemment, c’est faux. En plus c’est con. Et puis le sexe oral, restons sérieux. Alors là, toi lecteur tu te dis : « il commence à parler de sa vie, ça tourne blog, mais bon il va quand même expliquer ce qu’il a répondu, faisant d’une pierre deux coups, économie et récit personnel ». Ah ! Tu me connais mal, lecteur. Je ne te dirai rien. Ou alors juste la partie économie.

Pour évaluer l’impact d’un évènement, la procédure est simple et toujours la même. Idéalement, il faut comparer deux situations, avec et sans l’évènement, et toutes choses égales par ailleurs. Evidemment, c’est au mieux difficile, au pire impossible (va retirer la publicité, ca va gueuler dans les chaumières).

Toutefois pour Noël c’est clair. Les gens achètent plus. Ils ont plus de besoin. Ils vont produire plus, acheter plus. On a donc pas un effet neutre (du type je vais pas manger de sandwich aujourd’hui, je garde pour noël) mais au moins une substitution (du type je vais faire une heure sup, le petit veut absolument la panoblie de batgirl (oui, le petit a des orientations sexuelles bizarres (il va sûrement finir en école de commerce))).

On appelle ça souvent l’effet de levier : c’est quand investir un euro a un effet plus large qu’un euro. Ici on peut parler d’effet de levier psychologique. Non seulement on achète plus, mais en plus on a prévu de travailler plus en prévision, ce qui fait que le pool des richesses à répartir est plus large, et ça c’est cool pour la croissance (pas celle du petit, enfin, suivez).

Pour ta culture (oui, c’est Noël, faut impressionner belle-maman) c’est un des principaux arguments de la dépense publique. J’embauche un fonctionnaire qui va acheter une voiture, donc renault va embaucher un ouvrier, qui va acheter son pain, donc le boulanger va embaucher un apprenti, etc etc… Le total des impôts va me rembourser le fonctionnaire, et tout le monde est heureux et nous pouvons boire le saint-émilion de la croissance retrouvée. Bon la dernière fois qu’on a fait ça, on a embauché un fonctionnaire qui a acheté une voiture allemande, manque de bol.

Enfin voyons les choses du bon côté, ca leur a fait de l’argent de boche.

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