Le pouvoir des chats

février 14, 2009

Il faut absolument faire quelque chose à propos du pouvoir des chats. Aujourd’hui ils ont pris le contrôle d’Internet, demain ça sera nos pyramides.

Plus sérieusement, on va parler bien évidemment de pouvoir d’achat (oui,  calembour),  c’est à la mode. En gros le pouvoir d’achat c’est le rapport entre ce que je pouvais acheter avant et ce que je peux acheter après avec un euro.

Prenons un exemple simple : avant, je pouvais acheter 1/100000ème de bentley avec un euro. Maintenant, je ne peux plus acheter que 1/200000ème de bentley. Mon Bentley-pouvoir d’achat a été divisé par deux (le rapport entre les prix). Deux problèmes.

D’abord un bien nouveau. Par exemple, maintenant je peux acheter un iPhone pour 300 euro. Avant, l’iPhone n’existait pas. Qu’est-ce qu’on fait ? Généralement on prend des « biens inférieurs » et on les majore. Un iPhone, c’est aussi bien que 1,47 Blackberry (ne rigolez pas, c’est calculé comme ça). Donc mon pouvoir d’achat a augmenté de (Prix d’un iPhone)/(1,47*Prix d’un Blackberry).

Ensuite le pouvoir d’achat global. On prend quoi, la moyenne de tous les biens ? Mais alors si les ferrari baissent, ça sera aussi important que la baisse du poireau. Or c’est quand même un peu plus important la baisse du poireau. Eh bien les économistes de France et d’ailleurs ont choisi de pondérer par la consommation. Ainsi le pouvoir d’achat, c’est le rapport de la somme des nouveaux prix pondérés par la consommation, divisé par la somme de tous les anciens prix pondérés par la consommation.

C’est plutôt pas con. En effet ça traduit le pouvoir d’achat réel. Pourtant des fois les ministères publient que le pouvoir d’achat augmente alors que le kilo de tomates augmente aussi. On va expliquer ça avec un modèle simple : on choisit entre des ferrari et des poireaux.

Si les poireaux augmentent un tout petit peu leur prix alors que les ferrari baissent leur prix de 30%, le pouvoir d’achat va augmenter. Alors que pour madame Michu, elle s’en fout que les ferrari baissent leur prix. Elle ressent une baisse de son pouvoir d’achat.

Mais le pire, c’est qu’avant madame Michu n’avait même pas conscience que les ferrari ça existait (la télé n’existait pas). Maintenant, elle sait. Et même si les ferrari baissent de 30% elle a bien conscience qu’elle n’arrivera jamais à s’en payer une. Donc la baisse des Ferrari, au mieux ne la touche pas, au pire la rend mécontente (à cause de la publicité qui lui a vanté les mérites de la marque).

Ce qu’il y a, c’est qu’on a pas d’indicateurs qui mesurent la hausse moyenne du pouvoir d’achat par personne : actuellement on calcule par euro. Or la répartition des euro est fondamentalement inégale et ce n’est pas les mêmes euro puisqu’il ne servent pas à acheter les mêmes choses. L’euro de madame Michu baisse de 1%, l’euro de monsieur Bourgeois augmente de 100%. Il y a beau y avoir 99 fois plus de madame Michus que de monsieurs Bourgeois, le pouvoir d’achat augmente. Le pouvoir d’achat moyen d’une personne augmente, mais vous avez 99 chances sur 100 de croiser dans la rue un électeur dont le pouvoir d’achat a baissé. Etonnant non ?

Enfin quand même, daudra faire gaffe les loulous. Les euro de monsieur Bourgeois ne votent pas autant que ceux de madame Michu. Voire beaucoup, beaucoup moins.

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Les possesseurs de Bentley.

février 9, 2009

Aujourd’hui nous allons traiter d’une question simple : les possesseurs de Bentley élèvent-ils mieux leurs gosses que les autres ? C’est simple pour vérifier ça ma bonne dame. Il suffit de prendre deux populations, les possesseurs de Bentley et les autres. On regarde leurs enfants, leur niveau d’études, le fait qu’ils soient allés en prison ou pas, leur rémunération mensuelle. Eh bien figurez-vous que c’est POSITIF. Mais oui, les possesseurs de Bentley élèvent mieux leurs enfants que les autres.

Ca, c’est un raisonnement con. Complètement con. Pourtant il n’en faut pas plus pour être publié quelque part et faire le malin.

Comparer l’effet de la possession d’une bentley (je le rabâche pour que vous compreniez bien) c’est prendre deux populations qui ont les mêmes caractéristiques, mis à part la possession d’une bentley. C’est-à-dire, en particulier, la même richesse. Et quand on inclut la richesse, eh bien la possession d’une bentley n’a aucun effet. Ce qui veut dire que toutes choses étant égales par ailleurs, la possession d’une bentley n’influe pas sur votre destin. Par contre le fait d’avoir une famille assez riche pour s’en acheter une, si. La possession d’une Bentley est un effet et pas une cause. A la rigueur on peut parler de « marqueur » : avoir une bentley veut dire que votre famille est riche, donc vous avez comparativement plus de chances de réussir dans la vie. Mais en aucun cas il n’y a causalité : votre famille aurait une limousine mercedes que ça serait pareil, la vraie causalité est dans la richesse.

Pour le lien donné plus haut, des familles « non insérées socialement » préféreront un nom peu commun, et leurs enfants auront comparativement plus de chances d’être socialement peu adaptés. Il n’y a aucun lien de causalité entre nom et destin.

On peut prendre plein d’autres exemples. Le plus récent étant les couples homosexuels et l’éducation. L’argument était « Les homos éduquent mieux les enfants : ils réussissent mieux que ceux des hétéros ». Deux fautes de logique mises à profit pour étayer une idéologie.

Première faute : même si tout le reste est comparable, le fait d’avoir des parents homos n’est pas neutre sur l’environnement. Par exemple si le gosse réussit on ne sait pas si c’est à cause des parents ou de l’environnement qui va avec. Par exemple, effet des discriminations, chose non maîtrisée par les parents.

Deuxième faute : les homos gagnent en moyenne plus que les hétéros*. Si on ramène à revenu égal, les enfants élevés par des homos « réussissent » moins bien que ceux des hétéros.

Ca veut même pas dire que les homos sont de mauvais parents, mais peut-être qu’il y a des discriminations, etc. Là encore, ce sont des faits. Je suis bien moins catégorique que les gens qui ont fait cette étude. Leurs résultats sont faux, ça c’est certain. L’effet est négatif, ça c’est certain aussi. Mais on ne peut pas dire à qui la faute, parents ou environnement. Faudrait faire une autre étude.

L’effet d’une caractéristique (par exemple le prénom), c’est « Je prends un gus avec des caractéristiques particulières. Je change son nom depuis sa naissance, est-ce que ça a  ou a eu une influence ? ». Eh bien là, pas d’effet. Pour l’exemple de la bentley, ça donne « Je prends un gosse de riche. Ses parents, au lieu d’avoir une bentley, achètent une mercedes limousine. Est-ce que ça a eu une influence ? ». Pour l’exemple du nom, ça donne « Je prends un gosse de hippie californien. Au lieu de s’appeler Peace, il s’appelle Michael. Est-ce qu’il va quand même avoir des problèmes parce qu’il fume de la marijeanne ? » ou à contrario « Je prends un gosse de riche de Manhattan. Au lieu de s’appeler Michael, il s’appelle Peace. Est-ce qu’il va quand même aller à Standford ? ». Pour le dernier exemple, trouvez tout seul, vous avez compris de toute façon.

* : Ce sont des faits. On s’en fout, c’est comme ça. Peut-être qu’ils sont plus à même d’être entreprenants, tant mieux pour eux, chacun fait ce qu’il veut avec son cul. Mais ce sont des faits alors venez pas me faire chier avec des considérations bien-pensantes de bigot oubliant volontairement de penser.

Salut lecteur. Aujourd’hui, pas de ton condescendant ou de méchanceté gratuite, parce que je t’aime bien au fond. Et puis là, il y a trop de choses consternantes pour faire du pouet pouet nichon. Aujourd’hui on va parler politiques publiques, couchez les enfants ça va être sanglant.

D’abord on va se mettre d’accord sur les termes « relance par la consommation » et « relance par l’offre ».

Dans la conception actuelle de gouvernance, l’Etat se substitue à toutes les tâches que le privé ne peut pas fournir. On appelle ça monopoles de l’Etat, et parfois fonctions economico-régaliennes. En gros, on voit mal comment la justice ou la sécurité seraient assurés par le marché. Donc on prélève un peu à chacun (c’est les impôts) et on réinjecte dans ces domaines-là. A côté de cette tâche, l’Etat a vocation à encadrer l’économie, notamment à coups de lois restrictives. Et puis d’autres fois encore, l’Etat s’introduit carrément dans le marché comme dans le cas des banques et de la crise.

Toutefois, l’action de l’Etat est censée être globalement neutre. On vous rebat les oreilles de mesures à coût nul, de plan de relance qui va être payé par la relance, tout ça. C’est partiellement vrai, mais c’est un pari.

Je vous avais sommairement expliqué le principe d’une relance par la consommation. Il s’agit d’embaucher un fonctionnaire, qui va acheter une Renault. Renault va embaucher un apprenti, qui va aller acheter sa baguette, le boulanger va prendre un apprenti, etc… L’Etat taxe tout ce beau monde et récupère son euro. Au final, la mesure n’a aucun coût, ou un coût réduit, et a été seulement psychologique : c’est un élan en avant. Le problème, c’est que le fonctionnaire achète une BMW, donc on ne peut pas le taxer et l’euro d’investissement est perdu.

La relance par l’offre, à l’inverse, consiste à donner de l’argent aux entreprises (aide à l’investissement, aide à la création d’entreprises). Les entreprises sont obligées d’embaucher un mec supplémentaire. Mais il va acheter des produits français puisque il y a des nouveaux produits, créés par les nouvelles entreprises qui ont été créées dans le cadre des aides de l’Etat.  Ici encore la somme des taxes permet que le coût de la mesure soit nul, ou réduit. Toutefois, si les entreprises aidées se cassent la gueule à cause de la concurrence chinoise, l’euro d’investissement tombe à l’eau.

(Je vous mets en annexe les formules mathématiques, parce que ça intéresse pas grand monde. Elles ne sont pas nécessaires à la compréhension)

Maintenant, on est d’accord sur les termes et la philosophie de ces deux mesures. La question est : que faire ? Eh bien là, on entend n’importe quoi. Vraiment n’importe quoi. Et en partie à cause de ce dont j’ai parlé dans les quelques posts juste avant.

Un plan de relance est une mesure dynamique. C’est-à-dire qu’on part d’un point A et on va à un point B. Mais on ne refait pas le chemin du début jusqu’au point A.

Alors par exemple quand on entend des choses comme « Oui mais les Français consomment des produits français à 70% donc une relance par la consommation peut fonctionner », c’est faux. Juste FAUX. Tout simplement parce que dans les 70%, il y a 25% de logement et 40% d’alimentaire. Si vous donnez 1000 euro de plus à un Français, le Français ne va pas louer une deuxième maison et trois kilos de tomates en plus. Le Français va s’acheter une télé écran plat de marque chinoise. L’important est de regarder ce qui SERA acheté, pas de faire des projections à la louche en partant d’une situation non comparable.

De la même façon, on entend « oui mais les PME françaises ne sont que 3% à exporter, ça sert à rien de leur donner de l’argent puisque les français n’ont pas d’argent ». Là encore, si on injecte 1000 euro dans la production, on aura pas 3% d’entreprises qui exporteront. Il suffit de favoriser les entreprises qui ont un projet international dans l’attribution des fonds. Et on les aura, nos exportations.

Vous allez me demander pourquoi je m’énerve. Pour deux raisons.

La première, c’est que l’immense majorité des connards qui entretiennent la confusion sont parfaitement au courant de tout ça. Ils n’ont juste pas les couilles d’y aller.

La deuxième, c’est parce que si le plan de relance foire, c’est direct dans la dette. Et la dette, y’a pas 36 solutions : soit elle est payée par vos enfants avec des sous, soit elle est payée par vos enfants avec leur sang. On a jamais vu un pays endetté à plus de 150% de son PIB s’en sortir autrement qu’avec une guerre.

La France juste pré-Napoléon était endettée jusqu’au cou suite à une gestion publique désastreuse. L’Allemagne de 39 était endettée suite à la crise de 29 et une volonté des vainqueurs de 14 d’assécher le pays. Les States, à l’époque ont largué Hiroshima pour effacer leurs comptes. Et actuellement, ils sont endettés chez les Chinois. Il se dit que Colbert s’était vu demander « Avez-vous de l’argent pour la France ? » par le roi. Il lui répondit : « Avez-vous des soldats ? »

Annexe : chiffres chiants

On dit que la proportion de consommation est 0<P<1. la proportion de réinvestissement de chaque agent est de 0<I<1. Le taux d’imposition des salaires uniquement est 0<R<1.

Première étape : on investit 1.

Deuxième étape : le fonctionnaire achète P

Troisième étape : l’entreprise investit P*I

Quatrième étape : on taxe à hauteur de R : P*I*R. On a donc gagné P*I*R et l’employé a P*I*(1-R)

Cinquième étape : on recommence avec un investissement de P*I*(1-R)

Ca donne P*I*R + (P*I)²*R*(1-R) + ….. soit R* [ (P*I) + (P*I)²*(1-R) + …] ou encore la belle formule :

R/(1-R) * [(P*I*(1-R)) + (P*I*(1-R))² + ….. ]

qui peut être réécrite si on fait un peu de maths :

[R/ (1-R) ]*[ 1 / (1-(PI (1-R)))]

On remarque que le gain total croît en fonction de P (la propension à dépenser des employés), I (la propension à investir des entreprises).

On remarque aussi que si R ne doit être ni trop grand (on pique tout au premier employé, donc il a plus rien pour acheter sa baguette) ni trop petit (l’employé est encouragé à épargner plein de sous et ne rien réinjecter dans l’économie).

Monnaie monnaie monnaie.

février 5, 2009

Dans le monde de Richmond, la monnaie c’est cool. En effet, un papier avec un numéro dessus ça sert pas à grand-chose. Par contre, comme c’est un étalon (un dollar vaut 1/10000ème de voiture, ou deux carambars, ou Le Crédit Lyonnais quand ça va mal) il permet de trouver les valeurs relatives moyennes que les individus accordent aux choses. En effet ce sont les préférences des individus qui fixent les prix. Mais si, j’vous l’avais déjà expliqué. Si j’achète c’est parce que la valeur que je donne à l’objet est supérieure au prix d’achat. Pour moi, une banane vaut 3$ (valeur personnelle), mais comme ça coûte que 1$ je l’achète, parce que je gagne virtuellement 2$.

Bon alors je vous vois venir. « Oui mais tout n’est pas argent, gnagnagna, développement personnel, capitalisme, blabla, marchandisation. Et comment tu mesures ça hein d’abord ? » Eh bien ce n’est pas vraiment ce que je pourrais appeler une excellente question (surtout du point de vue de la forme), mais je vous remercie de me l’avoir posée.

Prenons un homme. Il a 30 ans, le regard fier, les deux pieds solidement ancrés dans des sandales puisqu’il vit en Inde. Oui, parfaitement, il vit en Inde. Parce qu’il aide les gosses des bidonvilles (c’est un exemple fictif, ne vous inquiétez pas, les humanistes de salon parisiens sont toujours là). Avec son master de génie électronique, il aurait pourtant pu gagner 30 000$ par an, alors que là il n’en gagne que 10 000 et en plus il dort sur une paillasse. Si on appelle utilité le « prix », la « valeur » qu’accorde l’intéressé en sandales à sa situation , on a l’équation simple :

Utilité(Etre en Inde avec un salaire de 10000 $ par an et des sandales)

Supérieure ou égale à

Utilité(Etre en France avec un salaire de 30000$ par an et pas de sandales et se faire chier à revenir en avion)

Pourquoi supérieure ou égale ? Eh, parce que sinon il serait en France. Bon, jusque-là c’est plutôt pas très dur. Sauf qu’il est possible voire probable que si le mec en sandales n’était pas payé (donc qu’il crève la faim), il ne serait pas content d’être en Inde. Donc il rentrerait en France. Ainsi il existe un salaire inconnu, qu’on va appeler Salaire de la peur parce que c’est drôle, tel que :

Utilité(Etre en Inde avec le salaire de la peur et des sandales)

Egale à

Utilité(Etre en France avec un salaire de 30000$ par an et pas de sandales et se faire chier à revenir en avion)

Pourquoi égale ? Parce qu’au-dessus il reste en Inde, au-dessous il part en France. Et si on remet les trucs dans le bon sens  en se disant que l’utilité d’être en Inde avec un salaire, c’est l’utilité d’être en Inde plus l’utilité du salaire (c’est une hypothèse pas super contraignante) :

Utilité(Etre en Inde avec des sandales) + Utilité(salaire de la peur)

Egale à

Utilité(Etre en France) + Utilité(40000$) + Utilité(se faire chier à rentrer)

ce qui est strictement équivalent à :

Utilité(Salaire de la peur)

Egal à

[Utilité(Etre en France)-Utilité(Etre en Inde)] + Utilité(40000$)+Utilité(se faire chier à rentrer)

Rapidement :

* 40000$ c’est plutôt cool donc l’utilité en est positive

* se faire chier à rentrer c’est chiant (cette phrase était sponsorisée par l’amicale des charretiers) donc l’utilité en est négative

* Etre en France c’est cool mais moins que l’Inde (en tout cas pour lui), donc la différence des deux utilités est négative

Bon tout ca pour dire que l’argent, ici le salaire de la peur, peut même mesurer ton truc d’alter mondialiste, là. Et le pire, le pire c’est qu’on le fait. Vous croyiez que ça servait à quoi l’INSEE ? On vous connaît. Par coeur.

Il faut tout con sidérer.

février 2, 2009

Vous en avez assez des graphiques. Vous trépignez d’attente, rivés à ce blog. Vous vous lamentez, vous défilez contre la crise, vous appelez vos amis pour qu’ils vous soutiennent dans ce moment difficile, vous vous arrachez les cheveux, vous poussez un long cri de désespoir face à une lune dérisoire : vous en faites trop.

Parce qu’aujourd’hui il n’y aura pas de graphiques, rien du tout nada. On va juste parler de centrales au charbon et d’éoliennes. Alors séchez-moi ces larmes.

On appelle coût énergétique les effets indésirables qu’ont vos actions sur l’environnement. Alors en particulier pour les fournisseurs d’énergie, on compare les différentes sources d’énergie en fonction de leur caractère plus ou moins neutre pour l’environnement. A ce titre, le rêve c’est l’éolienne ou le solaire. Ben oui, le vent et le soleil c’est gratuit alors tu parles, ça fait pas mal du tout à la planète, oh que non.

Menteries ! Parce qu’il faut bien les construire, les éoliennes ou les cellules photovoltaïques. Et là ça rigole plus. Parce que pour construire les super nouveaux matériaux de fou pour les éoliennes, il faut rejeter plein de déchets pas cool dans la nature. Et le coût écologique d’augmenter en conséquence. Les cellules photovoltaïques, n’en parlons même pas, faut les tremper dans une solution tellement acide que si vous la jetez sur votre belle-mère non seulement on la retrouve pas, mais en plus y’a un trou dans le parquet là où, auparavant, elle vous expliquait la chance que vous aviez de faire partie des pièces rapportées de son illustre famille.

En résumé, on a montré que le solaire c’était une vaste blague et que l’éolien c’était à peine mieux que le charbon. Pour info, ça a pris 10 ans pour s’en rendre compte (profitez-en, il y a toujours des subventions sur un truc inefficace parce que trois bobos ont acheté une éolienne sponsorisée par l’Elisée).

Considérons un autre truc rigolo. Point de vue environnement, vaut mieux se chauffer au fioul ou à l’électrique ? Ah bah l’électrique ça fait propre, y’a juste à brancher, le fioul c’est quand même un peu sale, tout ça. Bon alors si vous êtes américain, votre chauffage électrique est au charbon. Ben oui, toutes leur centrales sont au charbon. En France, votre chauffage électrique est nucléaire. Ce qui, en plus d’avoir indéniablement une certaine gueule, est écologiquement bien meilleur (à part si Tchernobyl, mais bon). Donc en résumé, fioul si vous êtes aux States et électrique si vous êtes français.

Comme quoi c’est pas simple hein, faut tout considérer. Alors quand au bar tu me dira une fois de plus « Mais fais-moi président, je te prendrai toutes les bonnes décisions », je te répondrai comme toujours, sobrement.

« Non. »

Généralités, à chier

janvier 25, 2009

La question du jour, c’est « à quoi sert de généraliser ». Il y a quelques temps déjà l’Auteur (c’est ma période mégalo) vous avait démontré avec brio (mégalo je vous dis) que les pilotes c’était bien mais uniquement si on comparait ce qui est comparable. Il concluait de façon lumineuse (je vous ai parlé de ma mégalomanie ?), du type « parce qu’une bande de connards est pas capable de lire un graphe ». Alors je vous vois venir. Vous allez prendre la défense des petits (comme jadis vos ancêtres les braconniers). Eh bien l’Auteur va le faire aussi.

Il existe ce qu’on appelle les coûts fixes. Ils ne varient pas avec le nombre d’unités produites. Par exemple, la location de votre baraque à frites est payée une fois pour toute. En revanche les patates achetées sont proportionelles au nombre de frites vendues. Imaginons maintenant deux systèmes en concurrence. Un beau graphe, ça va être ça.

cout1

Bon alors pas d’ambiguité me direz-vous. Le nouveau système là il est mieux, il coûte moins cher et tout.

Vous êtes bien sots. En effet les nazebrocks qui gèrent les entreprises savent pas faire des graphes. Par contre ils calculent des coûts moyens unitaires (combien coûte une unité produite). Et là, ça fait mal. Alors un graphique encore plus beau , ça serait ça :

cout21

Selon la quantité produite respectivement par les entreprises, le coût moyen peut être très grand ou très petit. Indépendamment ou presque des coûts réels. Et encore, si on prend le coût de la dernière unité produite, des fois c’est quasiment nul (les courbes toutes droites là, c’était pour que vous compreniez).

De façon encore plus simple : soient deux baraques à frite. L’une a 1000 euro de loyer, et l’autre 500 euro. Sinon elles sont strictement identiques : les patates ne coûtent rien. Eh bien si le mec à 1000 euro de loyer vend 10 cornets de frites, son coût moyen unitaire est de 100 euro. Si l’autre ne vend que 2 cornets de frites, son coût moyen unitaire est de 250 euro. Et d’en conclure des trucs idiots.

Bon dans l’idée, prendre le coût du premier gamin alors qu’il a fallu construire l’école, recruter les profs et la cantinière, payer un ministre et tout, et comparer avec le coût du dernier élève à qui on donne un cahier et qui suit les cours des autres, faut pas être malin. Voire sacrément con. Et pourtant, hein.

Pilotes, aux chiottes.

janvier 20, 2009

Qu’est-ce qu’un pilote ? Ce n’est pas celui qui manque dans l’avion, non non. Ce n’est pas non plus un poisson, non non. C’est une petite expérience qui est censée nous éclairer et nous donner des informations sur le modèle général. Alors comme il paraît que y’a trop de texte et pas assez d’images, BAM dans votre face (oui je suis direct et vulgaire, mais je vous vouvoie, on a pas gardé les résidus ensemble).

effectif3

Pourquoi l’efficacité diminue avec l’effectif ? Eh bien au début, vous prenez pour votre expérience uniquement des gens motivés et compétents. Et puis il faut recruter un autre gus, alors on est moins regardant sur la qualité. Et puis quand vient le 12031è prof à recruter, bah, s’il sait tenir un stylo on l’engage. Donc l’efficacité diminue avec l’effectif.

Alors dans votre expérience pilote, le niveau d’efficacité observé est e2. Il est élevé, tout ça, c’est génial.

Par contre le niveau d’efficacité observé pour l’ensemble de votre système, il est de e3 (parce que vous venez de fêter le recrutement de votre 12031è prof).

Et là, un politicien quelconque vous dit « ah oui mais c’est nul votre système, regardez avec le nouveau système là, on a une efficacité de e2 par classe, alors que avec l’ancien on a e3 eh, bouh, ouh, c’est nul » (oui souvent le niveau de language est peu élevé, voire médiocre).

Non, faux, dit le sage. Si on compare ce qui est comparable, à savoir l’élément le plus productif (le 1er prof recruté) avec l’autre élément le plus productif (la classe pilote), eh bien les niveaux d’efficacité comparés sont e1 et e2 (e1 ancien système, et c’est plus élevé). Manque de bol, le nouveau système est moins bon. Et s’il était généralisé, le nouveau système produirait e4 … qui est moins bon que e3. Donc on aurait tout perdu, c’est nul.

Et ça marche pour plein de trucs : petite usine vs grosse usine avec comparaison des coûts moyens, industrie du luxe vs grande distrib’, grandes entreprises vs petites entreprises, enfin tout quoi. Tout ça parce qu’une bande de connards est pas capable de comprendre un graphe.

Demain si vous êtes sages on parlera des coûts fixes en plus, ça va faire croiser les courbes, vous allez adorer.

Ordre de grandeur

janvier 18, 2009

Sois grand et tais-toi. C’est en substance ce qu’avait dit Marshall à l’Europe il n’y a pas si longtemps, pas parce que c’est cool d’aider les pays mais parce que le rouge s’accorde mal avec un mode de vie bourgeois. Alors au milieu des choses et des machins, des chiffres de charlatans et de la ronde des prévisionnistes, on va s’amuser à l’exercice de l’ordre de grandeur. Tout est en dollars, parce que le vert c’est cool (à part pour l’académie française).

PIB mondial : 51 000 milliards

PIB Etats-Unis : 14 000 milliards

PIB France : 1 800 milliards

PIB Chine : personne ne sait. Vers les 1000 milliards sûrement.

Chiffre d’affaires de Total : 193 milliards

Chiffre d’affaires de General Motors : 121 milliards

Madoff : 50 milliards

Kerviel : 4 milliards

Record bonus personnel de la City : 1,2 milliards

Comme disait l’autre : un milliard par-ci, un milliard par-là, et à la fin on a un peu de monnaie.

Bon alors il faut préciser que le PIB c’est l’ensemble de la production d’un pays pendant un an. Le plan de relance américain, c’est donc en gros 10% de PIB, ce qu’on appelle 10 « points » de PIB.

La relance française, c’est un point de PIB, et la relance européenne misait sur 3 points dont un pour la recherche : projet avorté.

A titre de comparaison, le plan Marshal c’était 17 points de PIB américain. Par an. Pendant cinq ans. Pour le continent européen, donc les « autres ».

Ah oui mais que voulez-vous, autant arriver à ses fins politiques ça n’a pas de prix, autant relancer la consommation, ça n’a des effets qu’à long terme, et il faut bien qu’on pense à être réélus. Même les pauvres votent, mais généralement il suffit de peu pour qu’ils soient contents.

Le fait qu’à long terme, cette attitude soit improductive ? Bah, laissez-nous bosser un peu.

Aujourd’hui, considérons la carte postale d’Olivier B., qui m’écrit de Neuilly pour faire entendre sa voix, faire passer un message et autres barbarismes journalistiques :

« L’économie c’est trop moche, ça prend pas en compte les gens ce qu’ils sont vraiment et ce qu’ils veulent. »

Cher Olivier,

Tu es bête, ou carriériste, mais sûrement pas les deux. L’économie en effet est à la base une discipline qui se voulait une branche de la philosophie, d’où un but noble : à défaut de réenchanter le monde, le comprendre. Les transferts monétaires ne sont qu’une petite partie de la discipline mais particulièrement intéressante puisqu’elle relate d’échanges d’une unité hypothétique qui permet de chiffrer les préférences des agents  pour les produits (une voiture vaut environ 8000 carambars pour le péquin moyen).

Même si tu prônais (hypothèse de travail) un monde anti-capitaliste,  et que tu arrivais à tes fins, l’économie resterait.

En espérant avoir répondu à ton absence de questions,

L’auteur du blog

(vous pensiez franchement pas que j’allais mettre mon nom quand même ?)

En avant.

janvier 1, 2009

Une fois n’étant pas costume, et comme j’ai retiré le traditionnel smoking, aujourd’hui sera placé sous le signe de l’espoir le plus fou et du positivisme forcené. Rapide introduction donc sur deux jolis thèmes : les préférences et les jeux à somme nulle.

Supposons que tous les hommes de la terre aient les mêmes goûts. En termes économiques, ça veut dire que tout le monde met le même « prix » sur tous les objets. Alors le possesseur d’un objet ne voudrait jamais l’échanger à quelqu’un d’autre, car il n’y gagne rien. Vous me direz, avec la lenteur d’esprit et la balourdise attendrissante qui vous caractérise, que « oui mais ya bien des prix aux marchandises qui sont les mêmes pour tout le monde, l’autre hé ».

Certes. Ces prix ne reflètent pas de l’égal goût de chacun pour le produit, mais d’un équilibre entre ceux qui trouvent que « c’est trop cher » et qui n’achèteront pas (mais qui sont susceptibles de vendre) , et ceux qui trouvent que « c’est pas si cher que ça » (qui seront susceptibles d’acheter). En somme et en résumé, une grande part de l’économie tourne uniquement parce que nous sommes différents et accordons des valeurs différentes aux choses. Le lecteur intéressé (rigolote cette expression, si vous êtes pas intéressé qu’est-ce que vous foutez là ?) pourra avaler les divers écrits sur la normalisation des préférences à cause de la publicité, toute une littérature se fait jour sur le sujet, y’a plein de choses à trouver, avis aux thésards en manque d’inspiration.

Au fait (ça n’a rien à voir), vous connaissez le poker ? Il a la particularité d’être un des jeux à somme nulle les plus célèbres. Ca signifie que toute somme gagnée par quelqu’un a été perdue par une ou plusieurs autres personnes. En gros, c’est de la répartition d’un pool de richesses déterminé au départ.

Une des idées intrinsèquement fausses et néfastes bien que très répandues  dans une société industrialisée est que l’économie est un jeu à somme nulle. Le raisonnement consistant à dire « les ressources de la terre sont limitées, et tout n’est que transformation de ressources, donc c’est une somme nulle » est séduisant de simplicité, mais la dignité métaphysique (et accessoirement le seul succès incontestable) de l’homme réside bien sa capacité à innover. L’innovation technologique joue un rôle central dans la théorie économique. Avant, avec un bout de métal et du bois, on faisait une machette, maintenant on fait un iPhone. La création de valeur ajoutée est claire (encore que, essayez de tuer quelqu’un avec un iPhone… ah oui mais en fait … ah d’accord !) et tout ça grâce à l’animal à deux pattes ou plus précisément à son génie, qui est en fin de compte la seule valeur sûre de l’économie, et qui est la vraie raison de l’élan en avant sans lequel, au final,  on s’emmerderait sec. Le lecteur intéressé (elle est drôle cette expression non ?) pourra lire Solow (à qui votre serviteur a serré la main, parfaitement), lire Bourdieu pour se rendre compte que les entrepreneurs font aussi de la morale, et enfin se nourrir aux différentes controverses économiques (impliquant notamment les trois principes de thermodynamique) quant au potentiel maximum de transformation de ressources par la main humaine (et encore, il reste tous les territoires où la main de l’homme n’a jamais mis le pied).

Et pour cette nouvelle année,

Yalla !

comme disait l’autre.